Qu’est-ce que l’ostéopathie ?

//Qu’est-ce que l’ostéopathie ?

Qu’est-ce que l’ostéopathie ?

« L’ostéopathie est un concept philosophique et thérapeutique. Elle vise à diagnostiquer et traiter manuellement les restrictions de mobilité, des structures composant le corps humain, qui entraînent des troubles fonctionnels.
L’ostéopathie envisage l’individu dans sa globalité, en s’appuyant sur une connaissance approfondie de l’anatomie et de la physiologie. »  Célia Le Dressay, L’Ostéopathie pour tous.

Cette citation résume globalement ce qu’est l’ostéopathie.

L’ostéopathie n’est pas seulement une méthode thérapeutique, c’est aussi et surtout une philosophie, une façon d’envisager le corps humain et son fonctionnement.

En ostéopathie, le seul instrument/médicament utilisé est la main de l’ostéopathe !

Comme dit précédemment, « l’ostéopathie […] vise à diagnostiquer et traiter […] les restrictions de mobilités […] qui entraînent des troubles fonctionnels. » .

D’accord, mais qu’est ce qu’une restriction de mobilité ? Et un trouble fonctionnel ?

Une restriction de mobilité c’est lorsqu’une structure (os, muscle, organes, …) n’est plus capable de faire un mouvement que, normalement, elle est en mesure d’effectuer. Par exemple, s’il nous est impossible de fléchir le doigt, on dira que ce doigt a une restriction de mobilité dans la flexion.

Un trouble fonctionnel est un problème de fonctionnement d’une structure. Pour reprendre l’exemple du doigt qui n’arrive plus à être fléchi, quand plier le doigt nous est difficile, on a du mal a attraper des objets. Or une des fonctions de la main est d’attraper des objets : il s’agit donc d’un trouble fonctionnel !

Cependant, il est important de noter la différence entre trouble fonctionnel travaillé en ostéopathie et troubles organiques qui ne sont pas du ressort des ostéopathes.

Un trouble organique c’est lorsque la structure est abîmée. Par exemple, le doigt est cassé. L’ostéopathe ne pourra rien faire pour vous aider à soigner votre fracture, ce sera du ressort du médecin, chirurgien ou orthopédiste que vous pourrez consulter.

Pour bien comprendre ce qu’est l’ostéopathie, il est nécessaire de voir comment se déroule une séance d’ostéopathie, quels sont les techniques utilisées, les grands principes philosophiques ostéopathiques et les différents cursus possibles pour devenir ostéopathe.

Pour commencer, une séance se déroule généralement en plusieurs étapes :

  • une partie où l’ostéopathe pose des questions sur ce qui amène le patient et son passé médical ou anamnèse
  • un temps de tests manuels avec à la fin une explication des restrictions de mobilité retrouvées et une proposition de traitement
  • et enfin le moment du traitement
  • Ensuite viendront quelques conseils, selon les besoins.

Nous allons maintenant parler des grandes familles de techniques ostéopathiques utilisées.

Il existe, en résumé, 3 grandes familles de techniques ostéopathiques :

  • les techniques ostéo-articulaires
  • les techniques tissulaires
  • les techniques myotensives

Elles ont toutes une bonne efficacité, leurs utilisations dépendent des souhaits du patient, des besoins et parfois de l’affinité de l’ostéopathe avec telle ou telle technique.

Les techniques ostéo-articulaires sont les plus connues, c’est quand ça peut faire du bruit (« crac »). Il s’agit de techniques rapides, indolores, dans les limites des mouvements que vous êtes capables de faire. Il s’agit d’un travail sur une articulation généralement, avec un relâchement des structures adjacentes.

Leurs avantages : un soulagement rapide, technique rapidement exécutée.

Leurs inconvénients : elles peuvent être difficiles à mettre en place lorsqu’il y a une appréhension du patient ou beaucoup de contractions musculaires.

Les techniques tissulaires sont celles où l’on dit que l’ostéopathe travaille « en douceur » (à contrario des techniques ostéo-articulaires où l’on voit le praticien bouger, ici les mouvements sont moins visibles par le patient).

Il s’agit d’un travail global sur une structure (organe, tissu de soutien, articulation, artère, etc…) et sur les tissus voisins ou à distance. Ce type de technique permet de travailler par exemple en même temps sur le thorax et sur le bassin (grâce aux liens anatomo-physiologiques entre 2 structures).

Les avantages : un soulagement, possibilité de travailler sur plusieurs zones

Les inconvénients : demande plus d’énergie au patient et plus lent à mettre en place pour l’ostéopathe.

Les techniques dites myotensives sont des techniques où le patient est mis à contribution. L’ostéopathe maintient la structure devant être travaillée dans une certaine position, et le patient doit se contracter à l’inverse de cette position. Il maintient cette contraction pendant quelques secondes puis se relâche.

Le relâchement des muscles à ce moment là permet à l’ostéopathe de pouvoir augmenter l’amplitude du mouvement. Il maintiendra le patient dans cette nouvelle amplitude.

Et le patient recommencera à contracter, maintenir puis se relâcher jusqu’à ce que la structure traitée ait retrouvée toute son amplitude d’avant la restriction de mobilité.

Quels sont les grands principes de l’ostéopathie ?

«  Le corps est un tout. » A.T. Still

L’ostéopathe part du principe de globalité du corps. C’est-à-dire que si vous avez des douleurs de dos, peut être qu’il travaillera votre dos car ce sera la cause du problème, mais peut-être également qu’il travaillera vos pieds ou votre crâne comme source du problème sans toucher à votre dos !

Le principe de globalité est qu’une restriction de mobilité à un endroit du corps aura des répercussions sur la totalité de notre organisme. Il faudra donc vérifier tout le corps systématiquement afin d’être sur d’avoir pris en compte toutes les répercussions.

« La structure gouverne la fonction. » A.T. Still

Ce principe est fondamental en ostéopathie.

La structure c’est par exemple un muscle. La fonction de ce muscle c’est de se contracter et de se relâcher.

La structure gouverne la fonction dans ce cas précis implique que si le muscle est déjà contracté car soumis à une tension, il aura plus de difficultés à remplir sa fonction de se contracter. En effet, il y a un seuil maximal de contraction possible. Donc ce muscle verra sa fonction affaiblie car sa structure a été impactée.

C’est pourquoi, lorsqu’une structure présente des symptômes dans sa fonction (remontées acides, contractures, réduction de mouvement, constipation, migraine…), l’ostéopathe ira toujours vérifier si la structure impliquée est libre de toute restriction de mobilité.

« Auto-guérison » A.T. Still

Le corps est capable de s’auto-guérir. C’est une de ses propriétés les plus belles.

Il cherche toujours à être à l’équilibre, que ce soit dans son taux de sucre, dans sa posture ou dans tout autre mécanisme corporel.

Lorsqu’il apparaît un déséquilibre (restriction de mobilité), il va chercher à le compenser. Par exemple, votre biceps se contracte et reste contracté. Cela va amener à un fléchissement de votre bras. Il y a déséquilibre entre les muscles de l’avant de votre bras (biceps) et ceux de l’arrière (triceps). Le corps va donc détendre le triceps afin de pouvoir faire le mouvement sans tension, sans douleur.

De plus, de nombreuses défenses immunitaires et de processus de réparations sont à la disposition de notre corps. Il les mobilise sans attendre dès qu’un problème arrive afin de restaurer au plus vite son intégrité.

« La loi de l’artère est absolue. » A.T. Still

La loi de l’artère est un principe qui explique qu’une structure non vascularisée et mal drainée fonctionnera moins bien.

En effet, les artères apportent oxygène, nutriments, défenses immunitaires, etc à chaque structure du corps.

Les veines récupèrent le dioxyde de carbone, les déchets divers de cette structure vers la structure capable de les faire sortir du corps.

Pour comparer à plus grande échelle, lorsqu’une structure ne reçoit pas une bonne vascularisation et un bon drainage (loi de l’artère respectée), c’est comme si nous humains nous ne recevions pas la bonne quantité d’air, de nourriture ni la bonne capacité à expirer l’air ou à aller aux toilettes.

Plus difficile pour vivre n’est ce pas ?

Quels sont les cursus pour devenir ostéopathe ?

Il existe 3 grands cas de figure actuellement :

  • 5 ans d’études en école d’ostéopathie à temps plein avec mémoire et examen final (sur concours, dossier et/ou entretien), accessibles à tous dès la sortie du bac et tout au long de la vie (2389 heures dont 80 heures de stages hospitaliers, 140h de stages externes et 528 heures de stages et consultations internes).
  • pour les professionnels paramédicaux : 5 ans d’études en école d’ostéopathie à temps partiel avec mémoire et examen final (4 jours/mois soit, en fonction du métier d’origine de 1800h à 2373h avec entre 600 et 700h de formation clinique)
  • Pour les professionnels médicaux : 5 ans d’études en école d’ostéopathie à temps partiel avec mémoire et examen final (4 jours/mois, soit de 764h à 1160h avec 300h de formation clinique) ou un DU d’ostéopathie en université en 1 an (187 heures pour celle proposée à Paris Descartes avec 48h théorique et 72h de travaux dirigés)

Que veut dire D.O. ?

D.O. Signifie diplôme d’ostéopathie. Cela certifie que votre ostéopathe a suivi une formation agréée par l’Etat et a validé le nombre d’heures nécessaires à sa bonne formation, ainsi qu’un mémoire et un examen final devant ses pairs.

Marie Marquet, Ostéopathe D.O.

 

Sources

  • L’ostéopathie pour tous, Célia Le Dressay, 2010
By |2018-11-09T16:28:56+00:00novembre 9th, 2018|OSTEOPATHIE|0 Comments

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