Stress : qu’est ce que c’est ? Comment notre corps le gère-t-il ?

//Stress : qu’est ce que c’est ? Comment notre corps le gère-t-il ?

Stress : qu’est ce que c’est ? Comment notre corps le gère-t-il ?

Nous connaissons tous LE stress, cette sensation désagréable au creux du ventre ou sous forme de boule dans la gorge.

On en sait beaucoup sur ce qu’il faudrait faire pour avoir une vie moins stressée : bien dormir, bien manger, faire du sport, se détendre, avoir un équilibre vie pro/vie perso, méditer, partir en vacances…

Mais ce qu’on connaît moins, ce sont les phénomènes mis en œuvre lorsque notre corps ressent le stress. Ou plutôt les stress.

Car si le stress, au sens entendu au quotidien, signifie une tension nerveuse liée à un, des événements en physiologie le stress est une réaction d’adaptation de l’organisme. Cette réaction a pour but de maintenir l’équilibre de l’état intérieur.

Le stress serait donc une simple réponse physiologique à toute demande faite à notre corps que ce soit parler avec quelqu’un, avoir une insomnie, se défendre dans une agression ou être malade.

Il existe bien évidemment différentes réponses selon l’intensité de la cause, la plus grande différence sera le temps que l’organisme passera dans cet état de réponse au « stresseur ».

Il est important de bien faire la différence entre la cause (stresseur), le stress (la réaction du corps) et les conséquences si cet état dure (anxiété, pathologie, irritation…).

Il existe de nombreux stress différents : stress biologique, stress professionnel, mais également stress hydrique, stress psychologique, stress cellulaire, et bien d’autres.

Chacun de ses types de stress va se manifester ou pas en fonction de la présence d’un stimulus ou cause ce qui engendrera du stress. Ces différents stress seront une réponse à un événement identifié comme dangereux.

Il y a 3 phases dans la réaction au stress  :

  • La réaction d’alarme,
  • La phase de résistance,
  • La phase d’épuisement

Ce sont ces différentes phases qui engendreront différents symptômes.

Ceux-ci pourront ou pas se manifester en fonction des personnes, de leur métabolisme, de leur fatigue, de leur capacité à gérer ce stress entrant ainsi qu’en fonction de l’importance du stress.

La quantité de défenses mises en place ne sera pas la même lorsque quelqu’un vous parle que lorsqu’on est confronté à un événement terrifiant.

 

        que met en place le corps en phase d’alarme ?

Il mobilise toutes ses défenses, et oriente toutes ses ressources pour la gestion de l’événement. De nombreux mécanismes sont mis en « pause » ou ralentis.

Suite à cette réaction, si la cause disparaît : retour au fonctionnement normal.

Si la cause perdure : on aura la mise en place de la phase suivante.

Dans la phase d’alarme, l’organisme se mobilise face au « stresseur »/à l’agression et sécrète de l’adrénaline.

Cette sécrétion va entraîner une libération de glucose dans le sang, l’augmentation de la tension (pression artérielle), l’accélération du rythme respiratoire et cardiaque ainsi qu’une contraction/tension de base augmentée des muscles.

Tout nos sens sont en éveil, en alerte, notre force et nos réflexes sont augmentés.

A ce moment, notre corps doit décider s’il fait face au stresseur ou s’il fuit.

 

         comment notre corps fait-il face lorsque le stress perdure = phase de résistance ?

 Durant cette période le corps va s’adapter à l’agent stressant. Il mobilisera toujours une grande partie des ressources disponibles et les défenses restent élevées.

Si suite à cette réaction, la cause disparaît : retour au fonctionnement normal.

Si la cause perdure : on aura la mise en place de la phase suivante.

 

Dans la phase de résistance, d’autres hormones sont sécrétées notamment les endorphines, la dopamine, le cortisol et la sérotonine. Leurs rôles sont variés :

        Les endorphines : sécrétées par le complexe hypothalamo-hypophysaire¹. Il s’agit d’une famille de neurotransmetteurs² agissant sur tout le corps.

En cas de forte stimulation, comme lors d’un stress, ils peuvent entraîner les effets suivants : serrements de gorge, surexcitation, palpitations, tremblements, chaleur, rougeur, frissons, sueurs froides, nervosité, tensions musculaires, augmentation du rythme cardiaque et respiratoire… Ces symptômes servent à mettre l’organisme en état d’alerte afin de gérer le « stresseur ». Ils s’arrêtent dès que le « stresseur » n’est plus présent.

 

        La dopamine : sécrétée par l’hypothalamus. Elle inhibe la libération de certaines hormones de l’hypophyse ce qui maintiendra à des fonctions (pensées comme non nécessaires à la survie face au danger par le corps) en « pause » comme la montée de lait…

La dopamine est le neurotransmetteur à l’origine de l’adrénaline et la noradrénaline. Ces dernières ont pour rôle d’augmenter le rythme cardiaque, la pression artérielle, le rythme respiratoire et la dilatation des pupilles. Il s’agit d’une réponse face à un élément reconnu comme dangereux par notre corps.

 

        Le cortisol : cette hormone aide à la régulation de la glycémie, aux défenses immunitaires, à la régulation du cycle circadien³.

En période d’alarme face à un stress, il fera oublier au corps toute notion de fatigue, et mettra à disposition de l’énergie pour pouvoir fuir ou attaquer sous forme de glucose.

Cette dépense importante d’énergie grâce au taux de cortisol ainsi que l’absence de sensation de fatigue laissera la personne « vidée » une fois l’événement passé.

 

        La sérotonine : Il s’agit d’un neurotransmetteur ayant un rôle dans la régulation du cycle circadien, dans la thermorégulation, la douleur, l’anxiété et le contrôle moteur. Elle permet, en cas d’activation de la phase d’alerte face à un stresseur, de mettre en « off » les notions de douleur, fatigue, force musculaire.

C’est grâce à la sérotonine qu’il existe des situations de défense où la personne ne se pensait pas capable de ça. Par exemple, comme ces personnes qui, pour sauver un proche, soulèvent des charges qu’habituellement ils n’arrivent pas à soulever.

 

Cette phase maintient l’état d’alarme mis en place lors de la réaction d’alarme. Mais certains processus mis en pause au départ sont relancés (comme la digestion…).

Tout est mis en place pour faire face à l’événement le plus rapidement possible.

L’agression terminée, le corps humain doit retrouver son équilibre habituel.

 

        si la phase de résistance dure…que se passe-t-il ? (phase d’épuisement)

 

Ce stade sera atteint lorsque le stresseur est important et présent durant une longue période.

Le corps n’arrivera plus à fournir les ressources nécessaires pour maintenir l’état d’alarme ni les défenses.

C’est à ce moment là que peuvent apparaître des pathologies.

 

En effet les sécrétions constantes hormonales demandent trop d’énergie au corps qui n’arrive plus à suivre. A terme le corps va entrer en dépression (une forte baisse de toutes les sécrétions émises lors des phases précédentes).

Les différents symptômes sont nombreux et variés.

 On peut retrouver des troubles du sommeil, des problèmes de digestion, des migraines et des maux de tête, de la fatigue, de la dépression, de l’anxiété, des difficultés à se concentrer, des besoins d’aliments sucrés ou d’alcool pour « tenir », de l’absentéisme, de l’isolement… 

Ces réactions sont normales, physiologiques et nous permettent de faire face efficacement aux nombreux événements de nos vies.

Le stress devient problématique lorsqu’il est intense, régulier et que le corps entre en phase d’épuisement. C’est pour ça qu’il est important d’apprendre à reconnaître la phase de résistance afin d’intervenir dans ce processus avant d’entrer en phase d’épuisement complet dont il est plus long et compliqué de sortir.

Marie MARQUET,
Ostéopathe DE

 

Sources :

 https://osteopathie.ooreka.fr/comprendre/osteopathie-stress, Les experts ooreka, 2018

https://toulouseosteopathe.com/stress-et-osteopathie/, Youri Bertucchi, 2016

http://www.osteopathe-paris-75.com/pages/articles/le-stress-et-l-osteopathie.html, Alexandra Richard, date inconnue

 https://www.fedecardio.org/Je-m-informe/J-apprends-a-gerer-mon-stress/reconnaitre-les-differentes-formes-de-stress, Fédération française de Cardiologie, date inconnue

 http://www.longlonglife.org/fr/longevite/vieillissement/stress-cellulaire-et-vieillissement/partie-1-les-differents-types-de-stress-cellulaire/, Marion Tible, 19 février 2018

L’ostéopathe magazine n°18,p31 à 33, Reza Redjem-Chibane et Chloé Hiriart, été 2013

Dysfonctions glandulaires et nerveuses : diagnostics et traitements ostéopathiques, Nathalie Ccamirand, 2014

Les chaînes physiologiques : la chaîne viscérale abdomen-pelvis : description et traitement, Michèle Busquet-Vanderheyden, 2010

L’ostéopathie exactement, Lionnelle et Marielle Issartel, 1983

By |2018-07-30T16:02:57+00:00juillet 28th, 2018|Non classé|0 Comments

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